Terminal de paiement électronique mobile posé sur une surface moderne dans un environnement professionnel

Windows Terminal : installer, configurer et maîtriser l’outil

L’invite de commandes Windows a longtemps été la honte secrète des développeurs sous Microsoft. Fenêtre unique, pas d’onglets, police figée, copier-coller laborieux — on faisait avec. Depuis 2019, Windows Terminal change la donne : un vrai terminal moderne, open source, maintenu activement sur GitHub, et disponible gratuitement pour toutes les versions récentes de Windows.

Que tu utilises PowerShell, le command prompt classique, WSL ou Azure Cloud Shell, Windows Terminal centralise tout dans une interface unique. Voici comment l’installer, le configurer correctement et exploiter les fonctionnalités qui font vraiment la différence.

Pourquoi Windows Terminal s’impose face aux alternatives

Ce que l’ancien invite de commandes ne pouvait pas faire

Le terminal cmd.exe date de l’ère DOS. Pas d’onglets, pas de thèmes, pas de support Unicode correct. PowerShell a comblé une partie du vide côté scripting, mais l’interface restait identique. Windows Terminal, lui, apporte :

  • Des onglets multiples pour gérer plusieurs sessions en parallèle
  • La gestion native des profils (PowerShell, CMD, WSL, Azure)
  • Le rendu GPU accéléré via DirectWrite et DirectX
  • La palette de commandes intégrée (command palette), accessible par Ctrl+Shift+P
  • La configuration complète via un fichier JSON

Microsoft a publié le code source sur GitHub dès le lancement — une première pour un composant système Windows. Le dépôt dépasse aujourd’hui les 90 000 étoiles, ce qui dit quelque chose sur l’adoption réelle.

Compatibilité et versions supportées

Windows Terminal fonctionne sur Windows 10 version 1903 (build 18362) et supérieur, ainsi que sur Windows 11 où il est installé par défaut. Deux versions coexistent : la version stable et la Windows Terminal Preview, qui reçoit les nouvelles fonctionnalités en avant-première. Pour un usage en production, reste sur la version stable.

Installer Windows Terminal rapidement

Trois méthodes couvrent 95 % des cas. Choisis celle qui correspond à ton environnement.

  • Microsoft Store : recherche « Windows Terminal » et clique sur Installer. L’installation prend moins de deux minutes, les mises à jour sont automatiques.
  • Chocolatey : si tu gères tes outils via ce gestionnaire de paquets, la commande choco install microsoft-windows-terminal fait le travail. Chocolatey gère aussi les mises à jour futures avec choco upgrade.
  • Scoop : l’alternative à Chocolatey préférée de certains développeurs. Avec Scoop, la commande est scoop install windows-terminal. Scoop installe les applications dans le répertoire utilisateur, sans droits administrateur.

Une quatrième option existe pour les environnements sans accès au Store ni à internet : télécharger le package .msixbundle directement depuis le dépôt GitHub de Microsoft (releases/latest) et l’installer manuellement via PowerShell avec Add-AppxPackage.

Configurer Windows Terminal via le fichier settings.json

Localiser et ouvrir le fichier de configuration

Toute la configuration de Windows Terminal repose sur un fichier JSON. Son emplacement par défaut : %LOCALAPPDATA%\Packages\Microsoft.WindowsTerminal_8wekyb3d8bbwe\LocalState\settings.json. Tu peux aussi l’ouvrir directement depuis l’interface : Paramètres → lien « Ouvrir le fichier JSON » en bas à gauche.

La structure du fichier suit une logique simple. Un bloc defaultProfile définit le profil lancé à l’ouverture, un tableau profiles liste chaque terminal disponible, et un bloc keybindings gère les raccourcis personnalisés.

Personnaliser l’apparence et les profils

Voici les paramètres les plus utiles à modifier en priorité :

  • colorScheme : Windows Terminal embarque une dizaine de thèmes (One Half Dark, Solarized, Campbell…). Tu peux en importer depuis des dépôts communautaires sur GitHub.
  • fontFace et fontSize : les polices Nerd Fonts (Cascadia Code, FiraCode) activent les glyphes spéciaux utilisés par des outils comme Oh My Posh.
  • backgroundImage et backgroundImageOpacity : oui, tu peux mettre une image de fond. Utile pour distinguer visuellement les profils.
  • startingDirectory : définit le répertoire de démarrage par profil. Évite de te retrouver systématiquement dans System32.

Chaque modification dans le JSON est appliquée en temps réel, sans redémarrer le terminal. Pratique pour tâtonner sur les couleurs.

La command palette et les raccourcis clavier

La command palette de Windows Terminal fonctionne comme celle de VS Code : Ctrl+Shift+P ouvre une barre de recherche qui donne accès à toutes les actions disponibles. Créer un onglet, changer de profil, scinder le volet — tout est accessible en quelques frappes, sans passer par les menus.

Les raccourcis sont entièrement personnalisables via le bloc keybindings du fichier JSON. Quelques combinaisons à connaître :

  • Ctrl+Shift+T : nouvel onglet avec le profil par défaut
  • Alt+Shift+D : diviser le volet horizontal
  • Ctrl+Tab / Ctrl+Shift+Tab : naviguer entre onglets
  • Alt+F4 : fermer la fenêtre (classique, mais parfois oublié)

Les arguments en ligne de commande permettent aussi de lancer Windows Terminal avec une configuration précise. Par exemple, wt -p « PowerShell » new-tab -p « Ubuntu » ouvre deux onglets simultanément au démarrage. Ces arguments sont utiles pour les scripts d’automatisation.

Intégrer WSL et les shells tiers

Windows Terminal détecte automatiquement les distributions WSL installées et les ajoute comme profils disponibles. Ubuntu, Debian, Kali — chacune apparaît dans le menu déroulant sans configuration manuelle. C’est l’un des cas d’usage les plus fréquents : basculer entre un shell Windows et un environnement Linux en un clic d’onglet.

Pour les shells tiers comme Git Bash ou les terminaux embarqués dans des IDE, il suffit d’ajouter un profil manuellement dans le JSON en précisant le chemin vers l’exécutable dans le champ commandline. Git Bash, par exemple, pointe vers C:\Program Files\Git\bin\bash.exe avec l’argument –login -i pour charger le profil bash correctement.

Définir Windows Terminal comme terminal par défaut

Depuis Windows 11, tu peux définir Windows Terminal comme application de terminal par défaut du système. Le réglage se trouve dans Paramètres Windows → Confidentialité et sécurité → Pour les développeurs → Terminal. Sélectionne « Windows Terminal » dans le menu déroulant. À partir de là, chaque ouverture d’un terminal depuis l’explorateur ou depuis une autre application passera par Windows Terminal plutôt que par l’ancien cmd.exe.

Sur Windows 10, la procédure est légèrement différente : il faut passer par les paramètres internes de Windows Terminal (la roue dentée) et activer l’option Utiliser comme application de terminal par défaut dans l’onglet Démarrage.

Aller plus loin avec les fonctionnalités avancées

Windows Terminal continue d’évoluer vite. Quelques fonctionnalités récentes méritent l’attention :

  • Fragments de profil : les applications tierces peuvent injecter leurs propres profils dans Windows Terminal via un fichier JSON déposé dans un répertoire spécifique. Visual Studio, par exemple, utilise ce mécanisme.
  • Actions avec arguments : les keybindings acceptent des arguments dynamiques, ce qui permet de créer des raccourcis qui ouvrent un répertoire précis ou exécutent une commande au démarrage.
  • Volets persistants : la disposition des volets peut être sauvegardée et restaurée entre les sessions grâce à la feature de restauration d’état.

Le dépôt GitHub de Windows Terminal reste la meilleure source pour suivre les nouveautés. Les releases notes sont détaillées, et la feuille de route (roadmap) est publique — une transparence rare pour un composant aussi proche du système d’exploitation.