La ferraille, ça ne vaut rien ? Faux. Un particulier qui vide son garage peut récupérer plusieurs dizaines, voire centaines d’euros en revendant ses vieux métaux. Tout dépend du type de métal, du poids, du cours mondial des matières premières — et du ferrailleur en face de vous. Le problème, c’est que les tarifs ne sont nulle part affichés clairement, et les casses paient ce qu’elles veulent si vous ne savez pas négocier.
Voici les prix actuels pratiqués en France, les métaux qui valent le plus, et comment ne pas se faire rouler au moment de la vente.
Les tarifs de la ferraille au kilo en France
Acier et fonte : la base du marché
L’acier ordinaire, c’est le bas de gamme de la ferraille. Comptez entre 0,08 € et 0,20 € le kilo selon la qualité et la propreté du lot. La fonte (radiateurs, cocottes, grilles de cheminée) se négocie dans la même fourchette, autour de 0,10 à 0,15 €/kg. Ce sont les métaux les plus courants, donc les moins bien rémunérés.
Un frigo, un cadre de vélo en acier, des tuyaux galvanisés — attendez-vous à toucher quelques euros pour un lot conséquent. Pas de quoi sauter au plafond, mais c’est toujours mieux que de payer pour une benne.
Cuivre, aluminium, laiton : là où l’argent se cache
Les métaux non-ferreux, c’est une autre histoire. Le cuivre atteint régulièrement 3,50 € à 5,50 € le kilo en casse — parfois plus quand les marchés mondiaux s’emballent. L’aluminium tourne entre 0,60 € et 1,20 €/kg. Le laiton (robinets, vannes, raccords) se situe entre 1,80 € et 3 €/kg selon la teneur en cuivre.
💡 Notre conseil
Séparez vos métaux avant d’aller chez le ferrailleur. Un lot mélangé (acier + cuivre + alu) sera payé au prix du métal le moins cher. Trier prend 20 minutes et peut multiplier votre gain par 3.
Le plomb (ballast, vieilles batteries) vaut entre 0,80 € et 1,50 €/kg. L’inox, souvent ignoré, se revend 0,30 à 0,80 €/kg selon la nuance. Et l’acier inoxydable 316 (milieu marin, agroalimentaire) dépasse régulièrement 1 €/kg.
| Métal | Prix au kilo (estimatif 2024) |
|---|---|
| Acier / fonte | 0,08 – 0,20 € |
| Aluminium | 0,60 – 1,20 € |
| Inox | 0,30 – 1,00 € |
| Plomb | 0,80 – 1,50 € |
| Laiton | 1,80 – 3,00 € |
| Cuivre | 3,50 – 5,50 € |
Ce qui fait vraiment bouger les prix
Le prix de la ferraille au kilo ne sort pas de nulle part. Trois facteurs principaux le déterminent.
Le cours mondial des métaux — Le London Metal Exchange (LME) fixe chaque jour les prix de référence du cuivre, de l’aluminium, du zinc. Quand la Chine accélère sa production industrielle, les cours montent. Les ferrailleurs français répercutent ces variations en quelques jours, parfois moins.
La qualité du métal — Un câble électrique avec gaine plastique vaut moins qu’un câble dénudé propre. Un radiateur en fonte rouillé vaut moins qu’un en bon état. Plus le métal est pur et propre, plus le ferrailleur l’achète cher, car il économise sur le traitement.
Le volume apporté — Avec 5 kg de cuivre, vous avez peu de marge de négociation. Avec 200 kg, le ferrailleur s’aligne, surtout si vous êtes un professionnel du bâtiment ou de la plomberie qui revient régulièrement. Le volume, c’est votre levier.
⚠️ À garder en tête
Depuis 2012, la loi française interdit le paiement en espèces pour la vente de ferraille aux professionnels. Tout achat doit être réglé par chèque ou virement. Un ferrailleur qui vous propose du cash enfreint la loi — et vous aussi si vous acceptez.
🎯 Comment vendre sa ferraille au meilleur prix
Trouver le bon ferrailleur
Il existe plusieurs moyens de vendre ses métaux : les casses et ferrailleurs locaux, les déchetteries (qui ne rachètent pas, elles), les plateformes de Vente entre particuliers comme Le Bon Coin, ou encore les collecteurs spécialisés. Pour les gros volumes (chantiers, démolitions), des entreprises de recyclage passent directement sur site.
Comparer deux ou trois ferrailleurs avant de céder votre stock, c’est la règle de base. Les écarts peuvent atteindre 20 à 30 % sur le cuivre ou le laiton entre un ferrailleur de quartier et un centre de recyclage régional qui affiche ses tarifs en ligne.
Séparez ferreux (aimant attire) et non-ferreux (aimant n’accroche pas). Nettoyez si possible les câbles et pièces très souillées.
Utilisez une balance de ménage ou une bascule pour avoir une idée précise du poids. Le ferrailleur pèse sur place — vérifiez que ça correspond.
Les prix changent. Appelez deux ou trois casses avant de faire le déplacement, notez les tarifs annoncés pour chaque métal et comparez.
Les pièges classiques à éviter
Certains ferrailleurs mélangent volontairement vos lots sur la balance pour les repasser en catégorie inférieure. D’autres déduisent le poids de la « terre et humidité » de façon arbitraire — jusqu’à 10 % du poids brut. Restez présent pendant la pesée, et demandez un bon de pesée écrit avec le détail des métaux et des prix appliqués.
Méfiez-vous aussi des offres trop généreuses sur des métaux rares (titane, laiton naval). Un acheteur qui surpaye a souvent une bonne raison de le faire — pas toujours en votre faveur.
Ferraille et activités commerciales : ce qu’il faut prévoir
Si vous gérez un commerce ou un atelier et que vous produisez régulièrement de la chute métallique, ça devient une ligne de recette à part entière. Un atelier de chaudronnerie peut récupérer plusieurs milliers d’euros par an sur ses chutes d’acier inox ou d’alu. Pour les artisans du bâtiment — plombiers, électriciens — les chutes de cuivre s’accumulent vite.
Dans ce cas, l’organisation compte autant que le prix au kilo. Des bacs dédiés par type de métal, une pesée mensuelle, un compte rendu pour la comptabilité — c’est une démarche simple qui évite de laisser de l’argent dans les bennes. Si vous réfléchissez à optimiser votre point de vente en parallèle, ce guide sur la Caisse tactile : quel prix pour votre commerce ? peut compléter votre réflexion sur la gestion des encaissements.
✅ À retenir
Cuivre, laiton et aluminium représentent l’essentiel de la valeur d’un lot de ferraille. Trier, peser et comparer plusieurs acheteurs avant de vendre : ces trois réflexes suffisent à doubler, voire tripler le montant récupéré par rapport à un dépôt en vrac chez le premier ferrailleur venu.
Suivre les cours de la ferraille au quotidien
Les tarifs bougent chaque semaine, parfois chaque jour sur les métaux non-ferreux. Plusieurs sites permettent de suivre les cours en temps réel : Infometaux.fr, Métaux-précieux.fr, ou directement les cours LME pour les professionnels. Des applications mobiles affichent aussi les prix indicatifs des principaux métaux recyclables.
Concrètement, si le cuivre dépasse 9 000 $/tonne sur le LME, les ferrailleurs français achètent autour de 4,50 à 5 €/kg au particulier. En dessous de 7 500 $/tonne, retombez à 3,50 €/kg ou moins. Connaître ce rapport vous donne une base de négociation solide face à un acheteur qui « ne peut pas faire mieux en ce moment ».
5,50 €
prix maximum au kilo du cuivre en casse (pic 2024)
Le marché de la ferraille reste opaque pour le grand public, mais les données existent. Les utiliser prend dix minutes — et peut changer significativement la somme que vous repartez avec dans la poche.